02 janvier 2008
2 mois déjà, nous sommes à Ambalavao, porte du parc de l'Andringuintra.
Notre bilan à mi parcours :
En ce qui nous concerne pas de gros bobos, pas malade hormis quelques bricoles comme ces petites puces de sable qui pondent des œufs sous la peau !! Beurk. Nous sommes en bonne forme physique, côté moral il fluctue au rythme d'un pays difficile et finalement décevant.
* Sommes nous blasés ? Nous ne le croyons pas, nous nous satisfaisons encore de choses tellement simples.
* Trompés ? Certainement, leurrés par ces éternels photos, reportages, récits dithyrambiques qui n'appréhendent et présentent un pays qu'au microscope. Un microscope qui balaye un pays d'oasis en oasis et qui oublie que le désert les sépare. Madagascar n'est pas l'île que le croit, ce jardin des « Bisounours » où gambadent les lémuriens ! Evidement parcouru dans un 4X4 climatisé, de parc en parc, d'oasis en oasis le pays peut sembler merveilleux, mais pénétré à pied, à vélo ou en taxi brousse on se rend vite compte que tout n'est que terre et rocs, aride et désolé.
Les bien-pensants nous diront certainement « Madagascar est un pays pauvre, peut être le plus pauvre, qu'est que vous croyiez ?? ». Non ce n'est pas un pays pauvre, le Bangladesh, le Cap Vert sont pauvres, Madagascar est riche, riche d'une terre fertile, d'eau en abondance, d'une mer poissonneuse, de paysages somptueux. Alors pourquoi ? Quel gâchis ! Une nation en perdition où rien ne compte et où tout le monde s'en fout. On peut être compatissant envers la misère mais pas envers le gâchis. Car ce pays n'est qu'un vaste gâchis, des ressources, des trésors ruinés par un peuple pour qui rien ne compte.
La culture malgache, au risque de décevoir, nous ça fait 2 mois qu'on la cherche....c'est finalement la première fois que nous rencontrons un peuple avec aussi peu d'identité et qui ne produit rien :
• l'artisanat : Rien, des broderies moches, des sculptures kitsch, le néant hormis le magnifique travail sur bois des Bestilao.
• La musique : Rien, en é mois nous n'avons jamais vu d'instrument dans la rue et rarement des gens chanter en dehors des églises.
• La cuisine malgache : vaste fumisterie, sorti du " romazave " c'est steak frite (de très bon zébu) et bouffe chinoise.
• Le commerce : Notion extraterrestre au malgache, ici les commerçants sont indiens ou chinois.
• L'agriculture, la pêche : Ce n'est ni un peuple tourné vers le mer (pourtant quelle richesse) ni d'ailleurs vers la montagne (pourtant quelle richesse). Seul sur les hauts plateaux existe un vrai savoir faire (extraordinaires rizières en terrasse) et dans le sud l'élevage de zébu.
Le gâchis c'est tout ça, une terre qui pourrait tant donner et qui inexplicablement porte le peuple le plus pauvre de la terre.
Le malgache n'est donc ni pêcheur, ni commerçant, ni agriculteur, c'est un "cueilleur" dit-on ! Poétique, bucolique ? Non déprimant. Ici ce que l'on apprend aux enfants c'est que la vasaha (blanc) est une tirelire, alors on t'apprend enfant à tendre la main, plus tard c'est aux ONG que tu la tendras. C'est incroyable le nombre d'ONG que nous avons croisé, il y en a à chaque coin de rue, essentiellement américaines et françaises. Nous avons rencontré ces gens là, bénévoles, souvent dégoûtés par leur incroyable capacité à ruiner, bousiller, détourner tout ce qu'on leur donne.
Comment peut on jeter comme ça ces enfants dans la rue et leur inculquer de tendre la main ? Le vrai problème malgache semble être celui de l'identité et d'un certain amour propre, St-Ex disait « qu'être Homme c'est être responsable », c'est ça qui doit manquer ? Je profite, je ruine ma terre, je bousille mon pays et basta.
Un poète malgache disait « dans 20 ans vous mangerez des rats », pourtant il semblerait que rien ne les inquiète et que la seule question qu'ils se posent est « Que fera t'on quand il n'y aura plus de rats ? ».
Voilà, prochain numéro nous vous parlerons de « l'homme blanc », une petite pensée pour les « vasahas » expatriés ici. Nous en avons rencontré beaucoup, tous le même profil : ancien légionnaires, Rmistes, retraités....des âmes perdues, des âmes à la dérive venues s'échouer sur cette îles pour l'amour facile, le cul facile et des bizness foireux....plein d'anecdotes croustillantes sur ces gens mal en France, mal ici et surtout mal dans leur peau ( a suivre).
Rassurez vous nous ne sommes pas en pleine dépression !! Nous pétons la forme nous vivons un expérience unique à deux et face à soi même, malgré la tristesse que nous ressentons quotidiennement pour cette terre et ces enfants qui la foulent.