camp catta

camp catta
Le 02 janvier 2008

Re bonne année à tous et à toutes et encore mille merci pour tous vos messages.

Petite liaison en taxi brousse et 10 km à pied chargé comme des mules pour rejoindre Camp Catta. Nous marchons dans un paysage nouveau, un mélange entre l'Aubrac et nos alpages, le tout en beaucoup plus chaud ! La piste tortille en suivant une magnifique rivière qui alimente une mosaïque de rizières. Après 2h de marche nous pénétrons réellement dans la vallée, tout autour le massif de l'Andringitra. Devant nous le Tsaranoro et le Karambony dominent notre base le camp catta.
Ces falaises sont hautes, lisses et le granit, les mousses, les cascades leurs donnent des couleurs incroyables.
Une pensée pour Didier, Pierre, Mathieu, Seb, Philippe, Alain de M., ......bref tous les blogeurs sportifs. Ces falaises sont le « Yosemite de l'océan indien », le graal du grimpeur et du trekkeur.
Plus de 50 voies ouvertes dont les plus célèbres :
Gondwanaland : 800 m ; 20 longueurs ;7C
Bravo les filles : 600 m, 8B+, 13 longueurs
Out of africa : 600 m, 7C+, 20 longueurs

Ainsi de suite.....bref il faut que vous veniez mais faites quelques pompes et tractions car c'est haut, très haut....lisse, très lisse !!
Bref nous sommes au paradis du sport de pleine nature : grimpe, parapente, rando, trek, base- jump (des décérébrés qui font de la chute libre..mais sans avion !!).
Nous sommes là pour bosser mais nous avons bien l'intention d'en profiter un max.

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 06:13

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 06:52

école et dispensaire

école et dispensaire
Le 03 janvier 2008

Nous attaquons le « boulot » ce jour même.
Carola est accueillie par la sage femme dans un dispensaire de brousse très très « roots ». Durant ces 15 jours le travail ne manquera pas : vaccinations à gogo, suivi de grossesses (une pensée pour Val : 7 enfants en moyenne par femme !!), accouchements et moult bobos. Une expérience évidemment enrichissante. Le dispensaire supporté par le Camp catta (notre campement) supporte les frais et la logistique de ce dispensaire qui finalement avec peu de moyens tourne plutôt bien.
Fred intervient dans une école élémentaire. 2 classes, 120 élèves, 6 niveaux et 2 instits !! (Une pensée pour Max: A l'aideeeeeeee !!!) . Le travail a tourné essentiellement autour de l'apprentissage du français. Là aussi peu de moyens, de vieux livres mais un enthousiasme des élèves incroyable. Nous avons exceptionnellement ouvert l'école pendant les vacances de Noël et l'école était pleine, vous y croyez vous ? Il y a un désir d'apprendre, une motivation des élèves vraiment stimulante. Dur tout de même de se remettre dans le Bled et le Bescherelle !!
Enfin nous comptions beaucoup sur cette expérience et nous sommes ravis.

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 06:36

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 06:59

vive les mariés!

vive les mariés!
Le 12 janvier 2008
Madagascar, plus qu'un voyage, une rencontre, un itinéraire initiatique, un projet de vie. 2 mois et demi que nous parcourons l'ile et chaque jour pas après pas cette terre rouge nous cimente un peu plus. Nous rêvions de nous unir sur la grande île et se rêve se réalise aujourd'hui. Nous voulions une union symbolique, simple et chaleureuse, une communion avec un environnement grandiose et des gens dont le c½ur est si gros, si chaud mais si difficile à ouvrir.
7H00

''Le bonheur est dans le pré ''? Certainement ! Nous y sommes et déjà « notre » zébu est là. Nous souhaitions une union traditionnelle et ici la tradition passe par le sacrifice d'un zébu. Son propriétaire n'est ni plus, ni moins que le roi du village, un éleveur Betsileo typique ; chapeau de paille, écharpe colorée et canne à la main il nous présente, altier, sa bête.

''Et au milieu coule une rivière'' ? Aussi ! au fond de cette vallée s'écoule la Sahambony, sur ces berges une multitude de petits villages de briques rouges sont disséminés dans le vert fluo des rizières. La nouvelle du sacrifice s'est propagée à la vitesse de l'éclair et de ces villages commence à confluer une foule de gens pour qui une occasion de manger de la viande ne se manque pas.
Il n'existe pas de chose aussi bête et inexpressif que le regard d'une vache, pourtant les yeux de notre zébu viennent de s'éclairer d'une lueur d'inquiétude, inquiétude qui n'est pas étrangère aux dizaines de paires de yeux qui scrutent avec envie ses cotes et ses muscles saillants. Là les choses vont aller très vite, le « spectacle » est aussi ragoutant et sonore que celui de la mort du cochon de chez nous...No comment ! Autour de la carcasse une quinzaine d'hommes outillés s'affairent et font concurrence aux mouches qui commencent à affluer. Avec la délicatesse d'un médecin légiste la bête va être dépecée, vidée, débitée en 45 mn. La tradition veut que la moitié de la bête soit distribuée aux villageois et que l'autre soit destinée aux mariés et leurs convives. Les morceaux sont distribués par le roi lui-même d'une manière très protocolaire et assez mystérieuse quand aux choix des morceaux. En ce qui nous concerne nous « héritons » comme le veut la tradition de la tête ! Alors que nous imaginons déjà la tête du douanier de Roissy devant cet odorant colis le roi nous rassure en insistant sur le fait que la tête doit reposer sur le lieu de la célébration.

9HOO
Nous convergeons tous vers l'église à pied, 35 mn de piste au cours desquels la future marié devra ôter ses escarpins (de rando !) pour traverser 2 ruisseaux et une rizière. L'église est en fait l'école du village, une pièce dans laquelle s'entasse 150 personnes qui rajoutés au toit en tôle transforme rapidement le lieu en sauna. Le prêtre :Père Jean Aimé, est venu en moto, 2H00 de piste cabossée sur sa « YAMASUKI »(*) pour nous rejoindre .Rapidement avec son kit de campagne il transforme une table d'écolier en autel. Dans son dos, le tableau noir porte encore le cours de la veille ;une table de multiplication et la coupe du tube digestif !
La cérémonie sera comme tout ici ; simple et chaleureuse. Chants, danses et la bénédiction de nos alliances .Ici jeter du riz serait indécent, pas de liesses, pas d'effusion, de simples accolades, embrassades avec tous nos amis de Camp catta, les enfants de l'école, les patients de Carola et beaucoup d'inconnus.
VIVE LES MARIES, au c½ur de l'Andringitra au pied des falaise du Tsaranoro nous savourons l'instant ; émus, émerveillés, touchés par tant de simplicité.

12HOO
Notre pauvre zébu est déjà au bout de la chaine de transformation, reconditionné en « romazave » il va accompagner 15 kg de riz et 6 litres de « Tokagasy », un alcool local qui doit également servir de décapant.
Une cinquantaine de personnes partage notre repas et le festin avançant à chaque verre de tokagasy l'un et l'autre prend la parole pour un discours improvisé, par toujours très clair, très touchant et se concluant immuablement par une « standing ovation » !.
Comme chaque soir, de gros cumulus se sont fixés sur la montagne, le tonnerre gronde et de grosses gouttes commencent à tomber sur le toit de tôle rythmant et accompagnant la guitare et le djumbé qui nous font danser depuis 2heures. Il pleut, on s'en fiche, on sait ce que l'on dit sur les mariages pluvieux et nous danserons jusqu'à la nuit......

(*) Yamasuki, marque de moto malgache. Ici vous trouverez toutes les grandes marques non déposés ! sac ABDIDAS, jeans ELVIS, Galvin klein, ......

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 07:03

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 03:00

en pays Zafmaniry

en pays Zafmaniry
26 janvier 2008


Après qq jours à Fiana, 3h de taxi brousse pour Ambositra. Une petite ville sympa, très vivante. ici en cette saison le hic c'est les orages, vous pouvez profitez de la journée jusqu'à 15H, ensuite c'est le déluge...
Nous sommes parti de cette ville pour une virée en pays Zafmaniry. Une ethnie "cousine" des Betsileo spécialisée dans le travail du bois (palissandre et eucalyptus). 3 jours de marche avec un guide et un porteur dans un paysage assez varié. Premièrement, encore et encore dans des paysages dévastés par la coupe et le brulis. Nous avons pu voir chez un habitant une carte datant de 1930 de cette région, la carte était toute...verte. Une forêt qui a désormais disparu au profit de collines transformées en prairies à perte de vue et de rizières. On rabache un peu mais, le desert sur 360° c'est toujours désolant. En s'enfonçant un peu, le paysage change au profit de magnifiques vallées verdoyantes, cascades, rizières en terrasses. Nous avons dormi chez l'habitant dans d'incroyable villages zafmaniry, certainement les plus beaux villages que nous ayons vu. Toutes les maisons sont en bois construites par des ébénistes. Pôrtes, volets ouvragés, sculptés.
Ces villages perchés sur les crêtes nous ont réservés de drôles de nuits (d'énormes orages et beaucoup de puces...).
Nous sommes de retour à Andsirabe pour rejoindre Tana dimanche.
Mercredi nous décolons pour Mayotte, byebye Mada.........



# Posté le samedi 26 janvier 2008 02:04

Modifié le samedi 26 janvier 2008 03:31